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lundi 10 septembre 2012

Prévenir le suicide

Au Québec, 3 suicides par jour. En 2009 au Québec 1 068 personnes se sont suicidées. Les statistiques ne différent pas ailleurs dans le monde.


Comme plusieurs d'entre vous j'ai été touché par ce mal de vivre dans mon entourage, des amis.  Ma fille aussi a perdu des amis de cette façons, des êtres important de sa vie.

Comme vous, nous avons vécu un sentiment de culpabilité, des questions sont demeurées sans réponses.


Nous sommes tous indispensables pour la prévention du suicide
(...) La Journée mondiale est l’occasion de rappeler que le suicide est l’une des causes de décès qui fait le plus de victimes.(...) Association québécoise de prévention du suicide 

Personne n'est à l'abri de ce mal, peut importe l'âge, la religion, le sexe, le niveau social, le niveau de scolarité.

Tous ensemble nous pouvons faire une différence dans la vie des gens que nous aimons en ouvrant l’œil en écoutant les mots du mal psychologique de vivre, en lisant le non-verbal de nos ados, nos aînés, frères, sœurs, amis, conjoints, collègues de travail.
 Voici un extrait du sitde l'Association québécoise de prévention du suicide qui aide à comprendre la problématique du suicide et son processus. Sur le site vous pouvez valider vos connaissances sur cette problématique en répondant au quiz Mythes et Réalité  :

Comprendre

Mieux comprendre la problématique du suicide

Bien que le suicide soit un geste individuel, il s’inscrit dans un contexte plus large d’interactions entre la personne, sa communauté immédiate et la société en général. La qualité de vie de la personne, son réseau social de même que la disponibilité des ressources1 lorsque celle-ci a besoin d’aide, ont une influence sur sa situation de détresse. Ce qui fait qu’une personne ne voit plus de solution à ses problèmes, ce n’est habituellement pas le problème en soi, mais bien la perception qu’elle a du problème.

Avoir des idées suicidaires peut arriver à tout le monde, mais il existe des facteurs qui peuvent ébranler une personne ou l’aider.

1. Les facteurs prédisposants

Ces facteurs sont liés à l’histoire de vie d’une personne et la rendent plus vulnérable.
Exemples : abus, violence, problèmes de santé mentale, etc.

2. Les facteurs contribuants

Ceux-ci accentuent le niveau de risque à un moment précis.
Exemples : abus de substances, manque de ressources, idéations suicidaires antérieures, etc.

3. Les facteurs précipitants

Il s’agit de la goutte qui fait déborder le vase.
Exemples : peine d’amour, échec, rejet ou tout autre événement de vie difficile et récent.

4. Les facteurs de protection

Ces facteurs réduisent l’impact des trois autres facteurs et élargissent le champ des solutions possibles.
Exemples : disponibilité de ressources dans l’entourage, présence de modèles sains, etc2.

Le processus suicidaire

Avant de poser un geste suicidaire, une personne essaye tous les moyens qu’elle connaît pour diminuer sa souffrance et régler ses difficultés. Moins ses moyens fonctionnent, plus l’idée du suicide commence à prendre place.
Cette situation renvoie à l’image d’une personne qui entre dans un tunnel : plus elle avance, moins il y a de lumière. La personne n’entrevoit pas la façon d’arrêter la souffrance, qui est devenue intolérable.
Le processus suicidaire est cependant réversible, c’est-à-dire que lorsqu’une personne trouve une solution à ses problèmes, elle diminue sa souffrance. Par conséquent, ses idées suicidaires sont de moins en moins présentes.

Que faire si je ne vais pas bien ?

La meilleure façon de s’aider à s’en sortir, c’est d’en parler.
Ne restez pas seul avec vos problèmes. N’attendez pas d’être au bout du rouleau. Agissez. Parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance ou appelez au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Une ressource de votre région est là pour vous aider, en toute confidentialité 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Appelez!



Meurtre de soi par David Goudreault slameur québécois et travailleur social

Besoin d'aide: 1 866 APPELLE
1-866-277-3553
Pratiquez vos doigts sur le clavier...appelez




jeudi 2 août 2012

L'amour est un baume sur la souffrance du deuil...David Goudreault

Qu'ont en commun le slam, le travail social, le centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC),  l'Association Québécoise de la Prévention du Suicide (1-866-appelle) et le Cégep de Sherbrooke? David Goudreault, le  meilleur slameur au monde gagnant de la Coupe Mondiale de Slam Poésie 2011 en France!


 J'ai eu la chance de rencontrer David lors de l'ouverture du Festival OFF de Québec le 4 juillet dernier où il faisait la première partie du slameur Grand Corps Malade. Généreux, comique, songé. Il m'a accordé une (ce qui est en fait ma première) entrevue pour ce blogue en ce premier matin d'août 2012. Il nous partage ses connaissances en abordant la mort, le deuil comme il l'a vu, entendu, vécu auprès des jeunes endeuillés par le suicide d'un parent ou d'un proche et en côtoyant des victimes d'actes criminels.

Comment aborder la mort avec les jeunes endeuillés par le suicide ou la mort violente d'un proche?

Ça va étonner plusieurs personnes mais l'aborder le plus directement possible. L'enfant ressent qu'il s'est passé un drame, une tragédie dans la famille...Pas nécessaire de décrire le moyen utilisé par le proche pour se donner la mort mais lui expliquer pourquoi il y a tant d'émotions à la maison. Il faut parler de l'absence, de la mort et éventuellement du suicide ou de l'homicide du défunt. Il y a différentes façons d'aborder ces thèmes selon l'intégration du concept de la mort, de l'universalité de la mort. Au Centre de Prévention du Suicide j'ai eu deux groupes et je travaillais avec eux en créant une pièce de théâtre, des dessins, des jeux les amenant à en discuter. Pourquoi pas aborder la spiritualité? 

Le grand danger c'est quand on lui cache la vérité, il imagine... 

L'enfant a beaucoup d'imagination et peut se sentir coupable. S'il n'a pas d'explications et pas ou peu de rapports ou de repères avec la mort, le deuil, les tragédies il intégrera dans son imaginaire un message comme quoi il est responsable de la mort du parent, du proche, etc. Voilà qui est extrêmement dangereux, beaucoup plus que de troubler l'enfant en lui parlant de la mort.

Les enfants réagissent de façon beaucoup plus naturelle que les adultes en situation de deuil

Ce que j'ai remarqué dans ma pratique de travailleur social c'est que les enfants même lors d'une mort violente (en référence à CAVAC) ou d'un suicide, dans les heures et/ou les jours suivant la tragédie vont quand-même avoir envie de s'amuser, de rire, de jouer. Ils vont conserver leurs besoins affectifs. Ce qui est très correct. Ils vont cependant revenir au processus de deuil par petites bouffées. Par exemple, tout en jouant, l'enfant se retourne pour dire "je m'ennuie de papa". On peut en profiter pour lui demander "Qu'est-ce qui te manque le plus de papa?" parler de la personne décédée. Et, il va dire qu'il veut continuer de jouer. C'est correct, très correct.
L'important c'est d'être à l'écoute du rythme de l'enfant. 
S'adapter et l'accueillir dans sa façon à lui de vivre son deuil.
Souvent les adultes endeuillés ne veulent pas se permettre d'être heureux. Comme s'ils devaient respecter un certains temps de deuil contrairement aux enfants.

Et le deuil des adolescents?

Ils ont une compréhension plus grande du concept de la mort. Ils ont aussi une décharge émotive élevée au niveau des hormones, du processus de croissance physique et psychologique. Tout ça va teinter leurs façons de vivre leur deuil. Parfois positivement car ils auront la capacité et le désir de l'exprimer que ce soit dans l'art, en criant, en pleurant, en discutant. Ils vont avoir un espèce d'élan...Parfois négativement de part leur façon de voir le monde, leur manque d'expérience.
Ils vont partager avec leurs pairs lesquels sont très important à l'adolescence. 
De donner des formations aux adolescents qui pourraient devenir des acteurs-multiplicateurs capable d'en parler, d'accueillir, de reconnaître les signes de détresses est très intéressant.
Il est important qu'il soit entouré d'un adulte ou un ami significatif qui a une certaine compréhension du processus du deuil ou qui soit outillé pour le rassurer. Si non, il ne trouvera peut-être pas de réponses aidantes.

On veut éviter la mort à tout prix

En Occident nous sommes bombardés par plus de 3500 publicités par jour valorisant  la jeunesse éternelle, la beauté, la santé artificielle (boissons énergisantes) bref de l'idée qu'il ne faut pas vieillir et qu'il ne faut pas mourir! En plus, nous avons évacué les rites funéraires alors que la mort fait partie de la vie c'est quelque chose d’intrinsèque. Nous devrions en parler et la préparer.
J'encourage l'idée d'en parler quand elle n'est pas présente. D'en parler alors que la vie va bien (pas de maladie, d'accident etc) afin de pouvoir adéquatement l'expliquer et l'accueillir lorsqu'elle se présentera. Autrement tout le bagage émotif teintera son approche et notre façon de l'aborder.

L'impact de la mort et du deuil dans ta vie de t.s. et de slameur?

Les deux chapeaux se rejoignent! Ça m'a surtout ouvert l'esprit sur la pluralité et les multiples façons de vivre la mort d'un proche et aussi les multiples façons de vivre sa mort, de l'appréhender. De percevoir la complexité de la relation des suicidaires avec la mort.  La majorité des suicidaires ne se suicident pas d'où l'importance de demander de l'aide, d'avoir des ressources personnelles et professionnelles pour approfondir sa réflexion. Le deuil crée beaucoup de désespoir. Il n'est pas une finalité, les endeuillés vont revivre.

Le plus grand baume pour la souffrance psychologique c'est l'amour

Lorsque nous avons mal, notre plus grand réflexe c'est celui de l'animal ; nous voulons nous isoler. Ce réflexe nous devons rapidement le surmonter et nous entourer de personnes qui nous aiment et que nous aimons. Même si on sent à ce moment que nous sommes loin d'eux, leurs présences peut suffire à nous procurer ce baume qui va nous aider à mieux vivre notre deuil.
  • Brisez l'isolement
  • Parlez de votre souffrance
  • Entourez-vous
 * * *
Merci beaucoup David pour ta générosité malgré les problèmes techniques bruyants!
Merci pour le bien que tu crées autour de toi et d'avoir accepté de m'aider à "détaboutiser" une autre facette de la mort et du deuil.
Je vous laisse sur ce clip officiel de David Goudreault ayant pour titre "Meurtre de soi"


1-866-appelle 

1-866-277-3553

 

  site de David : http://www.davidgoudreault.org/