jeudi 2 août 2012

L'amour est un baume sur la souffrance du deuil...David Goudreault

Qu'ont en commun le slam, le travail social, le centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC),  l'Association Québécoise de la Prévention du Suicide (1-866-appelle) et le Cégep de Sherbrooke? David Goudreault, le  meilleur slameur au monde gagnant de la Coupe Mondiale de Slam Poésie 2011 en France!


 J'ai eu la chance de rencontrer David lors de l'ouverture du Festival OFF de Québec le 4 juillet dernier où il faisait la première partie du slameur Grand Corps Malade. Généreux, comique, songé. Il m'a accordé une (ce qui est en fait ma première) entrevue pour ce blogue en ce premier matin d'août 2012. Il nous partage ses connaissances en abordant la mort, le deuil comme il l'a vu, entendu, vécu auprès des jeunes endeuillés par le suicide d'un parent ou d'un proche et en côtoyant des victimes d'actes criminels.

Comment aborder la mort avec les jeunes endeuillés par le suicide ou la mort violente d'un proche?

Ça va étonner plusieurs personnes mais l'aborder le plus directement possible. L'enfant ressent qu'il s'est passé un drame, une tragédie dans la famille...Pas nécessaire de décrire le moyen utilisé par le proche pour se donner la mort mais lui expliquer pourquoi il y a tant d'émotions à la maison. Il faut parler de l'absence, de la mort et éventuellement du suicide ou de l'homicide du défunt. Il y a différentes façons d'aborder ces thèmes selon l'intégration du concept de la mort, de l'universalité de la mort. Au Centre de Prévention du Suicide j'ai eu deux groupes et je travaillais avec eux en créant une pièce de théâtre, des dessins, des jeux les amenant à en discuter. Pourquoi pas aborder la spiritualité? 

Le grand danger c'est quand on lui cache la vérité, il imagine... 

L'enfant a beaucoup d'imagination et peut se sentir coupable. S'il n'a pas d'explications et pas ou peu de rapports ou de repères avec la mort, le deuil, les tragédies il intégrera dans son imaginaire un message comme quoi il est responsable de la mort du parent, du proche, etc. Voilà qui est extrêmement dangereux, beaucoup plus que de troubler l'enfant en lui parlant de la mort.

Les enfants réagissent de façon beaucoup plus naturelle que les adultes en situation de deuil

Ce que j'ai remarqué dans ma pratique de travailleur social c'est que les enfants même lors d'une mort violente (en référence à CAVAC) ou d'un suicide, dans les heures et/ou les jours suivant la tragédie vont quand-même avoir envie de s'amuser, de rire, de jouer. Ils vont conserver leurs besoins affectifs. Ce qui est très correct. Ils vont cependant revenir au processus de deuil par petites bouffées. Par exemple, tout en jouant, l'enfant se retourne pour dire "je m'ennuie de papa". On peut en profiter pour lui demander "Qu'est-ce qui te manque le plus de papa?" parler de la personne décédée. Et, il va dire qu'il veut continuer de jouer. C'est correct, très correct.
L'important c'est d'être à l'écoute du rythme de l'enfant. 
S'adapter et l'accueillir dans sa façon à lui de vivre son deuil.
Souvent les adultes endeuillés ne veulent pas se permettre d'être heureux. Comme s'ils devaient respecter un certains temps de deuil contrairement aux enfants.

Et le deuil des adolescents?

Ils ont une compréhension plus grande du concept de la mort. Ils ont aussi une décharge émotive élevée au niveau des hormones, du processus de croissance physique et psychologique. Tout ça va teinter leurs façons de vivre leur deuil. Parfois positivement car ils auront la capacité et le désir de l'exprimer que ce soit dans l'art, en criant, en pleurant, en discutant. Ils vont avoir un espèce d'élan...Parfois négativement de part leur façon de voir le monde, leur manque d'expérience.
Ils vont partager avec leurs pairs lesquels sont très important à l'adolescence. 
De donner des formations aux adolescents qui pourraient devenir des acteurs-multiplicateurs capable d'en parler, d'accueillir, de reconnaître les signes de détresses est très intéressant.
Il est important qu'il soit entouré d'un adulte ou un ami significatif qui a une certaine compréhension du processus du deuil ou qui soit outillé pour le rassurer. Si non, il ne trouvera peut-être pas de réponses aidantes.

On veut éviter la mort à tout prix

En Occident nous sommes bombardés par plus de 3500 publicités par jour valorisant  la jeunesse éternelle, la beauté, la santé artificielle (boissons énergisantes) bref de l'idée qu'il ne faut pas vieillir et qu'il ne faut pas mourir! En plus, nous avons évacué les rites funéraires alors que la mort fait partie de la vie c'est quelque chose d’intrinsèque. Nous devrions en parler et la préparer.
J'encourage l'idée d'en parler quand elle n'est pas présente. D'en parler alors que la vie va bien (pas de maladie, d'accident etc) afin de pouvoir adéquatement l'expliquer et l'accueillir lorsqu'elle se présentera. Autrement tout le bagage émotif teintera son approche et notre façon de l'aborder.

L'impact de la mort et du deuil dans ta vie de t.s. et de slameur?

Les deux chapeaux se rejoignent! Ça m'a surtout ouvert l'esprit sur la pluralité et les multiples façons de vivre la mort d'un proche et aussi les multiples façons de vivre sa mort, de l'appréhender. De percevoir la complexité de la relation des suicidaires avec la mort.  La majorité des suicidaires ne se suicident pas d'où l'importance de demander de l'aide, d'avoir des ressources personnelles et professionnelles pour approfondir sa réflexion. Le deuil crée beaucoup de désespoir. Il n'est pas une finalité, les endeuillés vont revivre.

Le plus grand baume pour la souffrance psychologique c'est l'amour

Lorsque nous avons mal, notre plus grand réflexe c'est celui de l'animal ; nous voulons nous isoler. Ce réflexe nous devons rapidement le surmonter et nous entourer de personnes qui nous aiment et que nous aimons. Même si on sent à ce moment que nous sommes loin d'eux, leurs présences peut suffire à nous procurer ce baume qui va nous aider à mieux vivre notre deuil.
  • Brisez l'isolement
  • Parlez de votre souffrance
  • Entourez-vous
 * * *
Merci beaucoup David pour ta générosité malgré les problèmes techniques bruyants!
Merci pour le bien que tu crées autour de toi et d'avoir accepté de m'aider à "détaboutiser" une autre facette de la mort et du deuil.
Je vous laisse sur ce clip officiel de David Goudreault ayant pour titre "Meurtre de soi"


1-866-appelle 

1-866-277-3553

 

  site de David : http://www.davidgoudreault.org/







mercredi 25 juillet 2012

Nouveautés afin qu'ensemble nous "détaboutisions" la mort, le deuil ces étapes de la vie

Je suis heureuse de vous annoncer que suite au succès du livre Est-ce que tout le monde meurt? et à la demande générale pour de la formation sur la thématique du deuil et de l'accompagnement des jeunes endeuillés, je serai en mesure de vous offrir dès septembre des formations, conférences et du coaching téléphonique adaptés à vos besoins.

Que vous soyez parents, membres d'un regroupement ou d'une association, employeurs ou employés, je vous invite à communiquer avec moi pour vos besoins et plus d'informations.
Par courriel : infoslynnepion@gmail.com
par téléphone: 418-895-0071

Cliquez sur l'image ci-dessous 

vous pouvez imprimer et partager à votre discrétion

 L'été 2012 n'est pas encore terminé et voilà que plusieurs familles ont été touchées par la mort d'un être cher et ce de différentes façons; noyade, maladie, suicide, accident, homicide, meurtre, incendie, etc.

Je souhaite de tout cœur que ces familles, ces enfants endeuillés puissent vivre le plus sereinement possible leur deuil. Que les gens qui les accompagnent dans ce cheminement le fassent avec amour et sans jugement.
Que ces jeunes endeuillés soient rassurés, compris et entendus. J'ai une pensée pour chacun d'eux.

Mieux vaut en parler avant...avec plus de détachement avec les enfants.

Au plaisir de vous rencontrer bientôt,

Lynne





mardi 17 juillet 2012

Parler de la mort n'est pas facile...

Vous pouvez maintenant me retrouver sur les sites suivants :


 Le bottin francophone des
professionnels de la psychologie


Alain Rioux Ph. D. psychologue a écrit ce commentaire à propos du livre Est-ce que tout le monde meurt?

Commentaire de Psycho-Ressources
Parler de la mort n'est pas facile... 
"Dans notre société, on aborde rarement le thème de la mort... On ne prend pas le temps d’y réfléchir, d’en discuter. Cela nous demande d’assumer en quelques sorte notre propre finitude, l’idée qu’un jour la vie se terminera pour nous et les êtres qui nous sont proches. Pourtant, la mort fait partie de la vie et la manière dont nous avons intégré ce concept pendant l’enfance est déterminante pour les adultes que nous devenons plus tard. C’est pourquoi, il faut avoir le souci d’éduquer nos enfants sur ce thème. La question est complexe: comment parler de la mort à un enfant, comment trouver les mots justes pour lui expliquer ce qu’est la mort et pour lui dire ce qu’elle n’est pas. 
Dans son ouvrage, Lynne Pion, réussi avec doigté à présenter la mort aux enfants. Rien de dramatique, pas de faux-fuyants, les différents aspects de la mort sont abordés avec précision et délicatesse. La lecture n’est pas légère et elle suscitera les questionnements sur ce concept sérieux. Avec de multiples anecdotes, racontées par le bouche d’un enfant, l’auteur nous touche et nous permet de discuter de la mort d’une manière vraie. Il s’agit d’une lecture éducative qui favorise l’apprivoisement du concept de la mort par les enfants ainsi et que la réflexion des parents."
Alain Rioux, Ph. D., Psychologue, Gestionnaire du site Psycho-Ressources

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